Samuel MacGregor Mathers

Le mari de Moïna Bergson Mathers – soeur du philosophe – fût le co-fondateur de la Golden Dawn et y initia le tristement célèbre Alesteir Crowley. Compte tenu de ses « influences familiales positives » et de « ses » concepts tels que « L’Evolution Créatrice » (1907) ou de Société Ouverte (développé dans « Les Deux Sources de la morale et de la religion » en 1932 et repris par Popper), on peut se demander si Henri Bergson – malgré un prix Nobel en 1927 – n’était pas surtout un beau-frère idéal pour évangéliser !


Selon Wikipedia.fr [Samuel MacGregor]
Samuel Liddell « MacGregor » Mathers (né Samuel Liddell Mathers le 8 janvier 1854 à Hackney et décédé le 20 novembre 1918) fut un célèbre magicien et l’une des plus influentes figures de l’occultisme. Il fut un des fondateurs de l’Ordre hermétique de la Golden Dawn.

Biographie

Samuel Liddell Mathers était le fils de William M. Mathers, un employé de commerce et de son épouse Mary Ann Collins. Son père décéda alors que Samuel Liddell n’était encore qu’un enfant et élève à la Bedford School où il étudia de 1866 à 1870. Il alla ensuite vivre avec sa mère à Bornemouth où il trouva un emploi de bureau qui lui laissa le temps d’étudier la magie et la doctrine militaire. Ses intérêts militaires lui firent rejoindre un régiment local de volontaires et se mettre à la boxe et à l’escrime. Il n’hésitait alors pas à aider les autorités à ramener l’ordre en cas de troubles. Il publia en 1884 une traduction d’un manuel d’exercices de l’armée française (Practical Instruction in Infantry Campaigning Exercise).

Un voisin, ami et franc-maçon, Frederick Holland guida ses premières études magiques. Mathers devint maçon le 4 octobre 1877 et il adhéra en 1882 à la Societas Rosicruciana in Anglia avec Holland. Là, il rencontra William Wynn Wescott. Le 20 janvier 1878, il devint Maître Maçon et devint aussi rapidement membre du Haut Conseil de la S.R.I.A. pour quatre ans.

À la mort de sa mère en janvier 1885, il s’installa à Londres et devint plus actif dans les milieux occultistes. Il travailla ainsi avec Westcott à développer ce qui serait plus tard la base des rituels de la Golden Dawn. En 1886, il participa aux travaux de l’Hermetic Society d’Anna Kingsford. En 1887, il traduisit en anglais la Kabbala denudata de Knorr von Rosenroth, sous le titre : Kabbalah unveiled. En mars 1888, associé à William Robert Woodman et William Wynn Wescott, deux de ses collègues francs-maçons de la S.R.I.A., il fonda la Golden Dawn. Une des premières initiées fut Moina Bergson, la sœur du philosophe Henri Bergson. Avec celle-ci, MacGregor Mathers développa l’ordre Rosae Rubeae et Aureae Crucis. Il fut également le mentor d’Aleister Crowley dans la Golden Dawn.

Le couple Mathers était assez pauvre et vivait mal des publications diverses (sur le tarot par exemple) de MacGregor Mathers. L’aide financière d’Annie Horniman, une amie fortunée de Moina et membre de la Golden Dawn fut la bienvenue : elle lui trouva un emploi dans le musée privé créé par son père et versa une pension au couple, même après leur installation à Paris en mai 1892. Là, il créa l’Ahathoor Temple of the Golden Dawn puis les Rites of Isis.

Samuel Liddell MacGregor Mathers était considéré comme d’un caractère difficile et comme ayant la « folie des grandeurs ». Il ajouta dès 1878 « MacGregor » à son nom et se déclara « comte de Glenstrae ». Il existe des photos de lui jeune homme en uniforme de lieutenant de son régiment, alors qu’il ne devint jamais officier. Il n’aurait pas non plus supporté de perdre. Ainsi, il aurait rejeté un impétrant à la Golden Dawn car celui-ci l’aurait défait lors d’une rencontre d’escrime. Il aurait rompu avec Holland puis avec Wescott lorsqu’il aurait découvert qu’ils étaient de meilleurs érudits magiques que lui. Il réussit à faire exclure Wescott de l’ordre de la Golden Dawn, avant de faire de même avec Annie Horniman après qu’elle lui eut retiré sa pension en 1896. En 1900, il écrivit à Florence Farr que Wescott avait créé de toutes pièces des documents lors de la création de la Golden Dawn. Le conflit dégénéra lorsqu’il ne put apporter de preuves. Il envoya Aleister Crowley reprendre possession des locaux londoniens et en exclure les « rebelles ». L’inverse se produisit : MacGregor Mathers fut exclu de l’ordre.

Il emménagea chez un couple d’escrocs, les Horos. Leur procès en 1901 discrédita fortement la Golden Dawn.

Mathers était un individu excentrique qui avait opté pour un style de vie pour le moins inhabituel à son époque. Il compléta son nom de famille avec le patronyme MacGregor pour revendiquer son héritage des Hautes-Terres d’Écosse. Il était végétarien (ou peut-être végétalien), anti-vivisectionniste déclaré, et non-fumeur. Il était également un partisan des droits de la femme et était peu intéressé par l’argent.

Mathers savait lire et traduire nombre de langues, parmi lesquelles l’anglais, le français, le latin, le grec ancien, l’hébreu, le gaélique et le copte.

Mathers mourut le 20 novembre 1918. La cause de sa mort est inconnue, non mentionnée sur son certificat de décès. Violet Firth (Dion Fortune) avança que sa mort était due à la grippe espagnole de 1918.


Selon René Guénon [Le Théosophisme – Histoire d’une pseudo-religion]

Chapitre III – La Société Théosophique et le Rosicrucianisme

En 1876, Olcott écrit à Stainton Moses qu’il est « régulièrement inscrit comme novice dans la Fraternité », qu’il a été « longtemps en relations personnelles par correspondance » avec les chefs de celle-ci, et qu’ils lui ont « écrit certaines choses que Mme Blavatsky ne soupçonne même pas qu’il sait ». De quelle « Fraternité » s’agit-il ? Ce n’est sûrement pas la H. B. of L., et ce ne doit pas être non plus l’Arya Samâj, avec lequel, d’ailleurs, l’alliance définitive ne devait être conclue que l’année suivante ; quant à la fameuse « Grande Loge Blanche » ou « Fraternité du Thibet », il n’en était pas encore question, mais les termes employés étaient assez vagues pour autoriser toutes les confusions ultérieures, volontaires ou involontaires. Dans une autre lettre adressée un peu plus tard au même correspondant, et de laquelle il semble résulter que celui-ci avait accepté d’entrer dans la société à laquelle Olcott appartenait, on lit ceci : « Je désire que vous demandiez à Imperator, en lui présentant mes compliments, s’il ne pourrait pas faire quelque chose, à la manière psychologique (sic), pour empêcher Mme Blavatsky d’aller dans l’Inde. Je suis très inquiet sur ce point ; je ne puis rien faire moi-même… Les calomnies qui ont circulé en Europe et ici l’ont abattue si profondément… que j’ai peur que nous ne la perdions. Ceci peut être une petite chose pour les spiritualistes, mais c’en est une grande pour nous trois… Demandez à Imperator ce que je suggère… Il semble être un esprit sage, et peut-être en est-il un puissant. Demandez-lui s’il peut et s’il veut nous aider… Il y a ici une Mme Thompson, une veuve riche de sept millions (de dollars), qui cultive le terrain sur lequel marche Mme Blavatsky. Cette dame lui offre argent et tout ce qui s’ensuit pour aller dans l’Inde et lui fournir ainsi une occasion d’étudier et de voir par elle-même… N’oubliez pas Imperator. (*) » Mme Blavatsky n’était donc jamais allée dans l’Inde avant son séjour en Amérique, nous en avons cette fois l’assurance formelle ; mais elle désirait y aller, parce qu’elle éprouvait le besoin « d’étudier et de voir par elle-même », ce qui prouve qu’elle n’était pas très « initiée » et qu’elle n’était pas encore arrivée à posséder un ensemble de convictions bien fixes et bien établies. Seulement, il y avait alors une influence dont Olcott et Stainton Moses se faisaient les agents, et qui était opposée à ce départ de Mme Blavatsky pour l’Inde ; ce n’était donc pas l’influence de l’Arya Samâj, ni d’aucune autre organisation orientale.

Maintenant, pourquoi Olcott dit-il : «pour nous trois»? Lui et son correspondant, cela ne fait que deux ; le troisième semble bien n’être autre que cet Imperator dont il réclame l’appui avec tant d’insistance ; mais qui était cet être mystérieux ? C’était, paraît-il, un « esprit » qui se manifestait dans le cercle dirigé par Stainton Moses et son ami le Dr Speer ; mais ce qui est étrange, et ce qui peut donner la clef de bien des choses, c’est que cet « esprit » se soit attribué le nom ou plutôt le titre d’Imperator, qui est celui du chef d’une société secrète anglaise, l’Order of the Golden Dawn in the Outer (littéralement « Ordre de l’Aube d’Or à l’Extérieur »).

L’Ordre que nous venons de nommer se présente comme une « société d’occultistes étudiant la plus haute magie pratique », et qui « marche en quelque sorte parallèlement au vrai Rosicrucianisme » ; les femmes y sont admises au même titre que les hommes, et la qualité de membre demeure cachée. Il y a trois officiers principaux : l’Imperator, le Præmonstrator et le Cancellarius. Ce même Ordre est étroitement rattaché à la Societas Rosicruciana in Anglia, fondée en 1867 par Robert Wentworth Little ; celle-ci comprend neuf grades, répartis en trois ordres ; ses chefs, qui sont au nombre de trois comme ceux de la Golden Dawn, portent le titre de Mages (1). La Societas Rosicruciana n’admet que des Maçons possédant le grade de Maître parmi ses membres dont le nombre est limité à cent quarante-quatre, non compris les membres honoraires ; elle possède quatre « Collèges », qui sont établis à Londres, York, Bristol et Manchester. Une organisation similaire existe en Écosse depuis 1877, et une autre branche fut constituée en Amérique eu 1880 ; ce sont deux filiales de la société anglaise, dont elles sont cependant administrativement indépendantes.

Dans une lettre adressée au directeur de la revue théosophique Lucifer, en juillet 1889, par le comte Mac-Gregor Mathers, qui était alors secrétaire du Collège Métropolitain de la Societas Rosicruciana et membre du Haut Conseil d’Angleterre, il est dit entre autres choses : « Cette Société étudie la tradition occidentale… Des connaissances de pratique sont le privilège des plus hauts initiés, qui les tiennent secrètes ; tous les Frères tiennent secret leur grade. La Société Théosophique est en relations d’amitié avec eux… Les étudiants hermétiques de la G. D. (Golden Dawn) Rosicrucienne en sont, pour ainsi dire, les représentants à l’extérieur. » La publication de cette sorte de manifeste avait pour but principal de désavouer un certain « Ordre de la Rosée et de la Lumière » (Ordo Roris et Lucis), autre société anglaise soi-disant rosicrucienne, dont il avait été question précédemment dans la même revue (2) ; cette dernière société se trouvait en concurrence directe avec la Golden Dawn et la Societas Rosicruciana et ses membres, qui étaient spirites pour la plupart, étaient accusés de faire de la « magie noire», suivant une habitude qui est d’ailleurs fort répandue dans les milieux théosophistes, ainsi que nous aurons l’occasion de le voir plus tard. La lettre du comte Mac-Gregor porte les devises suivantes : « Sapiens dominabitur astris.— Deo duce comite ferro. —Non omnis moriar.— Vincit omnia veritas » dont la dernière, chose curieuse, est également la devise de la H. B. of L., adversaire déclarée de la Société Théosophique et de la Societas Rosicruciana (1). Elle se termine par ces mots qui lui confèrent un caractère officiel : «Publié par ordre du Supérieur Sapere Aude Cancellarius in Londinense », et que suit ce post-scriptum assez énigmatique : « Sept adeptes qui possèdent l’élixir de longue vie, vivent actuellement et se réunissent chaque année dans une ville différente. » L’Imperator de la G. D. était-il l’un de ces « sept adeptes » mystérieux ? C’est bien possible, et il y a même pour nous d’autres indices qui semblent le confirmer ; mais sans doute le « Supérieur Sapere Aude » n’avait-il pas autorisé de révélations plus explicites à cet égard (2).

L’auteur de la lettre que nous venons de citer, qui est mort il y a quelques années, était le frère aîné d’un autre M. Mac-Gregor, représentant en France de l’Order of the Golden Dawn in the Outer, et également membre de la Société Théosophique. On fit quelque bruit à Paris, en 1899 et en 1903, autour des tentatives de restauration du culte d’Isis par M. et Mme Mac-Gregor, sous le patronage de l’écrivain occultiste Jules Bois (*), tentatives assez fantaisistes d’ailleurs, mais qui eurent en leur temps un certain succès de curiosité. Ajoutons que Mme Mac-Gregor, la « Grande-Prêtresse Anari », est la sœur de M. Bergson ; nous ne signalons d’ailleurs ce fait qu’à titre de renseignement accessoire, sans vouloir en déduire aucune conséquence, bien que, d’un autre coté, il y ait incontestablement plus d’un point de ressemblance entre les tendances du théosophisme et celles de la philosophie bergsonienne. Certains ont été plus loin : c’est ainsi que, dans un article se rattachant à une controverse sur le bergsonisme, M. Georges Pécoul écrit que « les théories de la Société Théosophique sont si étrangement semblables à celles de M. Bergson qu’on peut se demander si elles ne dérivent pas toutes deux d’une source commune, et si MM. Bergson, Olcott, Leadbeater, Mmes Blavatsky et Annie Besant n’ont pas tous été à l’école du même Mahâtmâ Koot Hoomi ou… quelque Autre » (*) ; et il ajoute : « Je signale le problème aux chercheurs, sa solution pourrait peut-être apporter un supplément de lumière sur l’origine bien mystérieuse de certains mouvements de la pensée moderne et sur la nature des « influences » que subissent, souvent inconsciemment, l’ensemble de ceux qui sont eux-mêmes des agents d’influences intellectuelles et spirituelles »(1). Sur ces « influences», nous sommes assez de l’avis de M. Pécoul, et nous pensons même que leur rôle est aussi considérable que généralement insoupçonné ; du reste, les affinités du bergsonisme avec les mouvements « néo-spiritualistes » ne nous ont jamais paru douteuses (2), et nous ne serions même nullement étonné de voir M. Bergson, suivant l’exemple de William James, aboutir finalement au spiritisme. Nous avons un indice particulièrement frappant, sous ce rapport, dans une phrase de l’Énergie Spirituelle, le dernier livre de M Bergson, où celui-ci, tout en reconnaissant que « l’immortalité elle-même ne peut être prouvée expérimentalement », déclare que « ce serait déjà quelque chose, ce serait même beaucoup que de pouvoir établir sur le terrain de l’expérience la probabilité de la survivance pour un temps x » ; n’est-ce pas là exactement ce que prétendent faire les spirites ? Nous avons même entendu dire, il y a quelques années, que M. Bergson s’intéressait d’une façon active à des « expérimentations » de ce genre, en compagnie de plusieurs savants réputés, parmi lesquels on nous a cité le professeur d’Arsonval et Mme Curie ; nous voulons croire que son intention était d’étudier ces choses aussi « scientifiquement » que possible, mais combien d’autres hommes de science, tels que William Crookes et Lombroso, après avoir commencé ainsi, ont été « convertis » à la doctrine spirite ! On ne dira jamais assez combien ces choses sont dangereuses ; ce n’est certes pas la science ni la philosophie qui peuvent fournir une garantie suffisante pour permettre d’y toucher impunément.
Pour revenir au Rosicrucianisme, que nous avons vu apparaître ici pour la première fois, et qui a donné lieu à cette digression, nous signalerons qu’Olcott a raconté à plusieurs reprises, dans le Theosophist et dans ses livres, que Mme Blavatsky portait toujours sur elle un bijou de Rose-Croix « qu’elle avait reçu d’un adepte ». Pourtant, quand il était sous l’influence de la H. B. of. L., Olcott n’avait que du mépris pour les Rosicruciens modernes : « La Fraternité (des Rose-Croix), écrivait-il à Stainton Moses en 1875, en tant que branche active de l’Ordre véritable, est morte avec Cagliostro, comme la Franc-Maçonnerie (opérative) est morte avec Wren ; ce qui en reste n’est que l’écorce. (*) » Ici, les mots « branche active de l’Ordre véritable » font allusion à un passage des enseignements de la H. B. of L. dans lequel il est dit que « le terme de Rose-Croix ne désigne pas l’Ordre tout entier, mais seulement ceux qui ont reçu les premiers enseignements dans son prodigieux système ; ce n’est qu’un nom de passe par lequel les Frères amusent et, en même temps, mystifient le monde ». Nous n’entendons pas entrer ici dans les controverses relatives à l’origine et à l’histoire des Rose-Croix vrais et faux ; il y a là de véritables énigmes qui n’ont jamais été résolues d’une façon satisfaisante, et sur lesquelles les écrivains qui se disent plus ou moins rosicruciens ne semblent pas en savoir beaucoup plus long que les autres.
En écrivant ces derniers mots, nous pensons notamment au Dr Franz Hartmann, qui joua un rôle important dans la Société Théosophique lorsque son siège eut été transporté dans l’Inde, et avec qui, d’ailleurs, Mme Blavatsky ne semble pas avoir été toujours dans les meilleurs termes, comme nous le verrons à propos de l’affaire de la Société des recherches psychiques. Ce personnage, né en 1838 à Donauwerth. en Bavière, se prétendait rosicrucien, mais d’une autre branche que les sociétés anglaises dont il a été question précédemment ; à l’en croire, il avait « découvert» une Fraternité de vrais Rose-Croix à Kempten, localité célèbre par ses maisons hantées, et où il mourut en 1912 ; à la vérité, nous pensons que ce n’est là qu’une légende qu’il cherchait à accréditer pour donner l’apparence d’une base sérieuse à un certain « Ordre de la Rose-Croix Ésotérique » dont il fut l’un des promoteurs. Ce Dr Hartmann a publié d’assez nombreux ouvrages (1), qui furent appréciés d’une façon peu bienveillante par les chefs de la Societas Rosicruciana in Anglia, pourtant théosophistes comme l’auteur ; on fut particulièrement sévère pour le livre intitulé Dans le Pronaos du Temple de Sagesse, « contenant l’histoire des vrais et des faux Rosicruciens, avec une introduction aux mystères de la philosophie hermétique », et dédié à la duchesse de Pomar. En 1887, le Dr Hartmann fit paraître à Boston, centre de la branche américaine de l’Order of the G. D. in the Outer, une sorte de roman ayant pour titre Une Aventure chez les Rosicruciens, qui contient la description d’un monastère théosophique imaginaire, supposé situé dans les Alpes ; et l’auteur raconte que ce monastère relève de l’Ordre des « Frères de la Croix d’Or et de la Rose-Croix », et que son chef porte le titre d’Imperator. Cela fait penser à l’ancienne « Rose-Croix d’Or » d’Allemagne, fondée en 1714 par le prêtre saxon Samuel Richter, plus connu sous le pseudonyme de Sincerus Renatus, et dont le chef portait en effet, comme plus tard celui de la Golden Dawn, ce titre d’Imperatorr, hérité des organisations rosicruciennes antérieures, et qui remonterait même jusqu’à l’origine du monde s’il fallait en croire certains récits légendaires, car on trouve dans le Clypeus Veritatis, qui date de 1618, une liste chronologique des Imperatores depuis Adam ! Ces exagérations et ces généalogies fabuleuses sont d’ailleurs communes à la plupart des sociétés secrètes, y compris la Maçonnerie, où nous voyons aussi le Rite de Misraïm faire remonter ses origines jusqu’à Adam. Ce qui est plus digne d’intérêt, c’est qu’un écrivain occultiste, parlant de l’organisation rosicrucienne de 1714, déclare ceci : « Une tradition dit que cet Imperator existe toujours ; son action serait devenue politique »(1); s’agit-il encore ici du chef de la Golden Dawn? En effet, la « Rose-Croix d’Or», à laquelle certains ont cru reconnaître déjà un caractère politique, n’existe plus depuis longtemps ; elle fut remplacée en 1780 par les « Frères Initiés de l’Asie », dont le centre fut établi à Vienne, et dont les supérieurs s’intitulaient, par allusion au début de l’Apocalypse, « Pères et Frères des sept Églises Inconnues de l’Asie » (2) ; on ne peut s’empêcher de se demander si les « sept adeptes » du comte Mac-Gregor n’auraient pas été leurs continuateurs. Quoi qu’il en soit, ce qu’il y a de certain, c’est que bien des associations qui prétendent se rattacher au Rosicrucianisme font encore prêter à leurs adhérents un serment de fidélité à l’Imperator.
Le récit romanesque du Dr Hartmann eut une conséquence qui montra que le but de l’auteur n’avait pas été purement désintéressé : en septembre 1889, une société par actions fut constituée en Suisse, sous le nom de Fraternitas, pour réaliser et exploiter l’établissement théosophico-monastique qu’il avait imaginé. Le Dr Hartmann eut pour associés, dans cette affaire, le Dr R. Thurmann, le Dr A. Pioda et la comtesse Wachtmeister ; cette dernière, dont nous avons eu déjà l’occasion de citer le nom, était une Suédoise, intime amie de Mme Blavatsky. QLe Dr Hartmann eut pour associés, dans cette affaire, le Dr R. Thurmann, le Dr A. Pioda et la comtesse Wachtmeister ; cette dernière, dont nous avons eu déjà l’occasion de citer le nom, était une Suédoise, intime amie de Mme Blavatsky. Le Dr Hartmann eut pour associés, dans cette affaire, le Dr R. Thurmann, le Dr A. Pioda et la comtesse Wachtmeister ; cette dernière, dont nous avons eu déjà l’occasion de citer le nom, était une Suédoise, intime amie de Mme Blavatsky. Le Dr Hartmann eut pour associés, dans cette affaire, le Dr R. Thurmann, le Dr A. Pioda et la comtesse Wachtmeister ; cette dernière, dont nous avons eu déjà l’occasion de citer le nom, était une Suédoise, intime amie de Mme Blavatsky. Quant à l’« Ordre de la Rose-Croix Ésotérique », l’autre création du Dr Hartmann, il paraît avoir été en relations suivies avec l’« Ordre Rénové des Illuminati Germaniæ », fondé ou réorganisé par Léopold Engel, de Dresde, et qui a joué un rôle politique extrêmement suspect ; ce dernier Ordre se recommande, comme l’indique son nom, de l’Illuminisme de Weishaupt, auquel ne le rattache cependant aucune filiation directe. Il y eut aussi des rapports certains entre cette « Rose-Croix Ésotérique » et un certain « Ordre des Templiers Orientaux », fondé en 1895 par le Dr Karl Kellner, et propagé surtout, après la mort de celui-ci, survenue en 1905, par Theodor Reuss, un théosophiste que nous retrouverons plus tard ; il semble même que la « Rose-Croix Ésotérique » devint finalement le « cercle intérieur » des « Templiers Orientaux ».
Ces diverses associations ne doivent pas être confondues avec une autre organisation rosicrucienne austro-allemande, de création plus récente, dont le chef est le Dr Rudolf Steiner ; nous aurons à en reparler dans la suite. D’ailleurs, à vrai dire, le Rosicrucianisme n’a plus, à notre époque, une signification bien définie : une foule de gens qui s’intitulent « Rose-Croix » ou « Rosicruciens » n’ont aucun lien entre eux, non plus qu’avec les anciennes organisations du même nom, et il en est exactement de même de ceux qui s’intitulent « Templiers ». Sans même tenir compte des grades maçonniques qui, dans divers rites, portent le titre de Rose-Croix ou quelque autre qui en est dérivé, nous pourrions donner, si ce n’était en dehors de notre sujet, une longue liste de sociétés plus ou moins secrètes qui n’ont guère de commun que cette même dénomination, accompagnée le plus souvent d’une ou de plusieurs épithètes distinctives (3). Aussi faut-il toujours bien prendre garde, lorsqu’il s’agit du Rosicrucianisme, comme d’ailleurs lorsqu’il s’agit de la Maçonnerie, de ne pas attribuer à un groupement ce qui appartient à un autre qui peut lui être tout à fait étranger.

Voir également Les postérités de la théosophie du théosophisme au New Age de Politica Hermetica

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