Lionel Curtis

Membre de la Round Table et du Chatham House, responsable à Oxford (bourses Cecil Rhodes) et secrétaire d’Alfred Milner, ses idées en matière de dyarchie ont fortement influencé le Commonwealth of Nations (Government of India Act, 1919). D’après cet auteur (Civitas Dei ou Commonweath of God, 1936), en confiant quelques menues responsabilités aux peuples colonisés, le consentement se substitue à la révolte. Stratégie bien plus efficace pour Lionel, plaidant déjà pour un Etat mondial…


Selon Wikipedia.fr [Lionel Curtis]

Lionel George Curtis (1872-1955) est un auteur qui a occupé plusieurs postes dans l’administration et à l’université d’Oxford. Il a plaidé pour un Empire britannique fédéral1 et, plus tard, pour un État mondial. Ses idées sur la Diarchie ont influencé le Government of India Act 1919 et de façon générale ses idées ont influencé l’évolution du Commonwealth of Nations.Il a été membre du Round table (think tank) et du Royal Institute of International Affairs.

Vie

Curtis est né à Coddington dans le Herefordshire en 1872. C’est le plus jeune des quatre enfants d’un pasteur anglican2. Il a été formé au collège d'[Haileybury et au New College de l’université d’Oxford où il a étudié le droit. Il combat durant la Seconde guerre des Boers w avec les City Imperial Volunteers et sert de secrétaire à Lord Milner ( un poste qu’a aussi occupé l’écrivain John Buchan). Durant cette période, il travaille pour la mise au point d’un gouvernement autonome en Afrique du Sud. À la suite de la mort de Milner, en 1925, il devient le responsable du du Milner’s Kindergarten un poste qu’il occupe kusqu’à sa mort en 1955. Il conceptualise sa version d’un gouvernement fédéral mondial qui devient le travail de sa vie. Il est appointé en 1912 Beit lecturer d’histoire coloniale à l’université d’Oxford et Fellow du All Souls College de cette université.

De novembre 1916 à février 1918, il réside en Inde où il travaille sur le concept de diarchie En 1919, Curtis conduit une délégation d’expert américain et britannique qui créent le Royal Institute of International Affairs et le Council on Foreign Relations durant luring the Conférence de paix de Paris (1919)3.

Il fait partie en octobre-décembre 1921 de la délégation qui négocie le Traité anglo-irlandais et demeure conseiller au secrétariat d’État aux colonies jusqu’en octobre 1924.

En 1929-1930, il visite la Chine et s’intéresse à la région pacifique En 1936, dans une lettre à Sir Abe Bailey, il recommande le réarmement4. durant les années trente, il est en relation avec un allemand opposé au nazisme Helmuth James von Moltke5 En novembre 1937, il prend part à un groupe de Discussion qui veut rédiger un papport sur la politique étrangère intitulé The Next Five Years au All Souls College dirigé par Arthur Salter comprenant notamment : Arnold Joseph Toynbee Gilbert MurrayLiddell HartHarold Nicolson Harold Macmillan6

En septembre 1938, il assiste à la seconde Commonwealth Relations Conerence qui le déçoit, lui permet d’entrer en contact avec un dirigeant syndicaliste anglais Ernest Bevin7. Par contre aux États-Unis, à sa grande surprise, il trouve des gens plus proches de ses idées. Il écrit un peit mot d’introduction au livre de John Foster Dulles War, Peace and Change. Son livre Civitas Dei, renommé World Order aux États-Unis paraît avec une préface de lancien président d’Harvard Abbott Lawrence Lowell8

En 1939, il aide Patrick Ransome à mettre sur pied des groupes de travail sur une Union Fédérale auxquel participe au niveau économique, Friedrich Hayek et Lionel Robbins. De ses travaux naitront trois publications : A Federation fo Western Europe de Jennings, A Case for Federal Unionde W.B Curry et Economic aspects of Federation de Lionel Robbins9

Après 1945, il participe à des réflexions sur l’Europe

Les grands traits de la sa pensée

La dyarchie

L’idée est de créer en Inde des gouvernements provinciaux responsables pour certains sujets et servant de conseil au gouverneur pour les autres sujets10. Son idée est que l’Inde étant dirigée de façon très centralisées, il fallait commencer à impliquer plus les indiens autrement « si..le poids de la décision finale est un jour transféré au peuple indien, vous le pourrez le faire, ou commencerez à le faire, simplement en substituant des indiens aux administrateurs anglais dépendants du vice-roi »10 Ils se heurtent à l’hostilité deL’Indian civil service (les administrateurs anglais de l’Inde). Finalement une sorte de Diarchie est instaurée par l’Act of 1919. Si le système marche bien au niveau des provinces, au niveau du gouvernemet central les choses sont plus problématiques11

Le Commonwealth

Le point de départ

Dans les années 1880, Sir John Robert Seeley a plaidé pour une fédération impériale pour restaurer la puissance britannique12 En 1915, Curtis lit Ecce Homo and the Expansion of England de John Robert Seeley. En 1918, il écrit à Nancy Astor « Le Christ est venu pour faire le bien, le travail de ses suivants est la réalisation du Royaume de Dieu sur terre. Vous pouvez vous moquez de moi si vous voulez, mais l’achèvement du Commonwealth britannique est pour moi, une part de ce travail »13. Sa recherche n’est pas basée sur une enquête mais au grand étonnement de ses collègues d’Oxord sur les Évangiles synoptiques.

Avant que le livre « Civitas Dei ou Commonweath of God » soit publié en 1936, il publie en 1916 The Commonwealth of Nations (part one) et The Problem of Commonwealth en 1916

La Civitas Dei ou Commonwealth of God

Le titre est inspiré par Augustin d’Hippone. En effet Curtis fait un lien entre le Sac de Rome du temps d’augustin et la Première Guerre mondiale. Le plan est quasiment celui du livre du grand prédécesseur.

Dans le volume I, à la manière d’Augustin répondant aux paiens, il repond à un Fellow du All Souls College d’Oxford qui pense qu’un homme intelligent ne peut tenir la religion pour réelle. Dans le volume II il montre le lien passé présent, enfin dans le volume III il écrit « Je pense à un temps où le commonwealth (en anglais cela veut dire aussi richesses communes) ne sera pas limité à une nation, où les nations, conscientes de leurs structures et histoires distinctives, auront appris à fonctionner comme les organes d’un commonwealth international »14. Il se démarque d’ Augustin sur deux points clés. Alors qu’ Augustin distingue le monde et le royaume de dieu, lui distingue le principe d’autorité qu’il accuse Augustin d’avoir repris des romains et mis en avant du principe de commonwealth plus axé sur la discussion, la conscience et la raison qu’il voit d’origine grecque. D’autre part, il accuse Augustin d’avoir séparé artificiellement politique et religion14.

Les critiques du livre et du concept

Gibbon parlant de la critique d’Austin faite par Curtis écrit : « ses connaissances son trop souvent empruntées et ses arguments son trop souvent les siens propres »15

Arnold Joseph Toynbee critique le livre car pour lui le concept de souveraineté qui le sous-tend est à la fois faible et dépassé15.

Pour Harold Laski, ils’agit du travail d’un mystique pas d’un scientifique15

Pour Oliver Harvey, Curtis proposait un Commonwealth multiracial en conception mais fondamentalement anglo-saxon16.

Usage par les politiques de vision de Curtis du Commonwealth

Pour Ronald Robinson, Curtis permettait au politique de moraliser l’idée de commowealth. De fait, Deborah Lavin note que régulièrement les hommes politiques d’Austen Chamberlain à Winston Churchill en passant par David Lloyd GeorgeStanley Baldwin ou Ramsay MacDonald on d’une façon ou d’une autre joué la carte du Commonwealth, en s’appuyant sur les idées de Lionel Curtis16

Curtis et la construction européenne

Les ouvrages de Curtis Civitas Dei and World War, its Cause and Cure seront à sa surprise, diffusés en Allemagne après guerre par le Foreign Office pour la « rééducation » des allemands. Il participe au mouvement en faveur de l’Europe influent après la seconde guerre mais il est peu écouté car il est à la fois contre la formule du Conseil de l’Europe et contre les fonctionnalistes à la David Mitrani qui ne croient pas à la possibilié d’un État supranational et qui préfèrent des coopérations du type OTANOECE et des liens économiques17. Il participe malgré tout au Congrès de la Haye en 1948

Œuvre

  • The Commonwealth of Nations (1916);
  • Dyarchy (1920);
  • Civitas Dei: The Commonwealth of God (1938), .
  • World War, its Cause and Cure (1945)

Selon Pierre Hillard [Histoire du « Nouvel ordre mondial »Voltairenet.org]

La Round Table et ses « enfants » [46]

L’action du colonel House est à compléter en citant une œuvre maîtresse dans la mystique mondialiste, son livre intitulé Philip Dru, administrator  [64]. Ecrit en 1912, cet ouvrage évoque un coup d’Etat par un officier de West Point (Philip Dru) qui impose une dictature aux Etats-Unis tout en supprimant la constitution du pays. A l’instar de Lord Milner, le colonel House n’hésite pas à évoquer ses convictions profondes en affirmant que son héros met en place « un socialisme tel que l’aurait rêvé Karl Marx ». Il évoque même dans le chapitre 52 l’idéal d’unification de tout le bloc Nord-américain. C’est chose acquise depuis le lancement officiel du projet à Waco au Texas en mars 2005 comme nous le présentions au début de ce texte. Force est de constater que ces élites ont annoncé la couleur des événements il y a plus de cent ans. La toile mondialiste a su renforcer son influence grâce à la naissance d’un institut appelé à jouer un rôle de premier plan dans la construction européenne : la Paneurope.Parallèlement à cette politique, les élites anglo-américaines décidèrent de préparer dès les années 1918-1919 une mutation de la Round Table. En effet, pour des raisons de plus grande efficacité, il fut décidé de créer deux think tanks de part et d’autre des rives de l’Atlantique chargés d’être les moteurs de la politique étrangère des deux pays. Côté anglais, ce fut la création en 1919 sous l’égide de Lionel Curtis et collaborateur de Lord Milner du Royal Institute of International Affairs (RIIA, appelé aussi Chatham House) [57]. C’est ce même Lionel Curtis qui prônait un Commonwealth fédératif capable peu à peu d’intégrer différents pays du globe [58]. Ces objectifs étaient défendus aux Etats-Unis par Clarence Streit (1896-1986) [59], correspondant du New York Times auprès de la Société des Nations (bourse d’études Cecil Rhodes, promotion 1920) et le représentant états-unien du « groupe Milner », Frank Aydelotte [60]. Côté américain, il fut créé le Council on Foreign Relations (CFR) [61]en 1921 sous l’égide d’un personnage central, le colonel Edward Mandell House (1854-1938). Conseiller intime du président Wilson [62], ce personnage fut la plaque tournante entre le groupe Milner et les « grands » de Wall Street (JP Morgan, Vanderlip, Rockefeller, Warburg, …). Dans cette liste incomplète, nous pouvons relever le nom important de Paul Warburg qui fut à la tête de la réserve fédérale US (la Fed) dès sa création en 1913. Cette banque privée, indépendante du pouvoir central et responsable de l’émission monétaire [63], est un Etat dans l’Etat. Or, c’est le même Paul Warburg qui dirigea le CFR dès sa création. Nous avons affaire à un enchevêtrement de responsabilités de premier ordre au sein de l’oligarchie anglo-saxonne d’autant plus que nous serons obligé d’évoquer encore Paul Warburg dans le paragraphe suivant consacré à la Paneurope.

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