Bram Stoker

La réalité sous la fiction : « Or, quatre siècles plus tard, on retrouvait ce même rituel d’Abramelin au sein de la Golden Dawn, à laquelle appartenait Bram Stoker, l’auteur de Dracula ! […] pour éviter les foudres de l’Angleterre victorienne, avait « moralisé » la fin de son roman, en faisant mourir Dracula. En fait il s’agissait, là encore, de détourner les soupçons. Doit-on en conclure que les « vampires personalities » qu’il affirme avoir rencontrées à Londres n’étaient autres que ses frères en initiation ? » (Jean Robin, La véritable mission du comte de Saint-Germain).


Selon Wikipedia.fr [Bram Stoker]
Abraham Stoker dit Bram Stoker (Clontarf8 novembre 1847 – Londres20 avril 1912) est un écrivain irlandais, auteur de nombreux romans et de nouvelles, qui a connu la célébrité grâce à son ouvrage intitulé Dracula.

Biographie

Le Lyceum Theatre est en tournée aux États-Unis en 1883. Stoker y rencontre Walt Whitman. Une seconde tournée a lieu en 1886, année où Stoker fait paraître un essai sur les États-Unis, A Glimpse of America. À Londres, il assiste à une conférence de Charcot sur l’hypnotisme. En 1890 il rencontre Arminius Vambery, orientaliste et spécialiste des légendes de l’Europe de l’Est et Richard Francis Burton. Il commence des recherches au British Museum en vue d’écrire Dracula et fait paraître The Snake’s Pass. En 1895 paraît son troisième roman, The Shoulder of Shasta, suivi de Dracula en 1897.

En 1902 paraît The Mystery of the Sea. Le Lyceum Theatre ferme ses portes. The Jewel of the Seven Stars est publié en 1903, puis le roman The Man en 1905.


Selon Wikipedia.fr [Principauté de Transylvanie (XIe_siècle-1711)]

La légende de Dracula

La légende de « Dracula » est liée à la Transylvanie. Mais quoi que puissent en dire certains guides et agences de tourisme, les deux Vlad, « Dracul » et « Țepeș » (le dragon et l’empaleur) étaient Voévodes de Valachie, et non de Transylvanie. Vlad II Dracul (le dragon), de la dynastie des Basarab, était ainsi surnommé parce que le roi de Hongrie Sigismond de Luxembourg l’avait adoubé chevalier de l’ordre du Dragon Ourobore, voué à la lutte contre les Turcs ottomans.Vlad III Țepeș (« l’empaleur »), son fils, devait son surnom à une transgression de l’immunité diplomatique : il avait empalé un ambassadeur turc, Hamza Bey, et son chambellan Thomas Catavolinos, parce que ceux-ci avaient cherché à l’empoisonner. Vlad « Țepeș » ayant augmenté les droits de douane en Valachie des marchands saxons de Brașov, ceux-ci publièrent contre lui (Gutenberg venait d’inventer l’imprimerie en Europe) des gravures le traitant de monstre et de vampire, ou le montrant devant une forêt de pals : il y figurait sous le surnom de « Dracula ». Au xixe siècle, l’écrivain irlandais Bram Stoker eut connaissance de ces gravures par son correspondant austro-hongrois Hermann Vamberger, et y puisa le titre de son fameux roman, où Vamberger figure sous le nom d’Arminius Vambery, et où figurent aussi des éléments de biologie sud-américaine (les chauves-souris vampires Desmodus rotundus). Dracula n’est pas une légende transylvaine, mais une légende romantique de l’époque victorienne, dont l’action se situe en Transylvanie…


Selon Wikipedia.fr [Valachie (principauté)]

De Mircea l’Ancien à Radu le Grand

Entre 1418 et 1420, le prince Mihail Ier vainquit les Ottomans à Severin, avant d’être tué lors de la contre-offensive. En 1422, le danger fut écarté momentanément lorsque Dan II infligea une défaite au sultan Murad II, avec l’aide de Pippo Spano.

La paix signée en 1428 inaugura une période de crises internes, au cours de laquelle Dan II dut se défendre contre Radu Prasnaglava qui mena la première d’une série de coalitions de boyards contre les princes. Victorieux en 1431, les boyards furent durement frappés par Vlad II le Dragon, qui parvint par ailleurs à trouver un compris entre l’Empire ottoman et le Saint-Empire romain germanique.

La décennie suivante fut marquée par des conflits entre les dynasties rivales des Dănești et des Drăculești, par l’influence de Jean Hunyadi, régent du royaume de Hongrie et, après le règne de Vladislav II, par la montée de Vlad III l’Empaleur. Ce dernier réprima durement les boyards, rompit tout lien avec les Ottomans et les vainquit, en 1462, lors de l’offensive de Mehmed II (l’Attaque de nuit), avant d’être forcé à retraiter à Târgoviște et à accepter de payer un tribut plus élevé. Ses conflits avec Radu III l’Élégant et Basarab III amenèrent Matthias Corvin, roi de Hongrie, et Stéphane III, prince de Moldavie, à occuper la Valachie en 1473, puis entre 1476 et 1477. Radu le Grand arriva à un accord avec les boyards et la Valachie connut une période de stabilité interne qui contrasta avec sa guerre contre la Moldavie de Bogdan IIIl’Aveugle.


Selon Louis de Maîstre [L’Enigme René Guénon et les « S.I. » , Milan 2004]

Chapitre IV – Les « Supérieurs Inconnus » et la Société Théosophique (494 – 509)

Sa proximité de Kolozvar est en tout cas significative, en particulier quand on sait que cette ville fut une des localités où Mme Blavatsky se rendit pendant ses « années cachées ». Peut être Agardi Metrovich faisait_il partie de son groupe, dépendant de l' »initié hongrois », homme constamment placé, dans la géopolitique des théosophistes, en relation avec la Transylvanie, et dont la présence dans la région pourrait expliquer bien des choses ? Pour notre part, nous sommes convaincu que ce fameux « maître des Balkans », désigné par les théosophistes comme « Maïtre R. », alias comte de Saint-Germain, était en réalité l’expression d’une cellule frankiste et importante. Certes, les Juifs n’ont jamais été nombreux en Transylvanie. Mais cela ne veut pas dire qu’ils en étaient complètement absents, abstraction faite, d’ailleurs que ce n’est pas de la communauté orthodoxe qu’il est question ici : les individus dont nous parlons n’avaient pas toujours besoin d’un tel « écran » pour agir sans être dérangés.

En parlant de « cellule » nous n’entendons pas dire « loge » ; quels que puissent avoir été, à un moment donné, les rapports du frankisme avec la franc-maçonnerie, les deux phénomènes ne sont pas du tout interchangeables, bien que le « Maïtre R. » ait été gratifié par les théosophistes, à tort ou à raison, du titre de chef universel de la seconde. Ce qui est sûr, c’est que, pour des raisons non encore éclaircies, les Balkans et leur « Adepte » ont jouré, dans l’historiographie imagée de la S.T., un rôle tout particulier, puisque, à en croire les habituelles sources théosophistes, c’est à ce maître qu’il incombe de garder certains secrets maçonniques de grande importance. Comme on l’a déjà vu à plusieurs reprises, une hypostase de ce « maître » apparut au XVIIIe siècle sous la forme du compte de Saint-Germain, aventurier ou grand mystificateur, dont l’origine juive est plus que probable, ne fût-ce que par sa connaissance du yiddish. Une autre « incarnation » de cet adepte apparut, toujours selon la même source, avec le prince Rakôczi II (1676-1735), célèbre homme d’Etat hongrois et seigneur de Transylvanie, héros au travers duquel on désirait mettre en évidence le côté positif de notre « maître ». Mais il faut savoir que le même personnage cachait un aspect beaucoup moins attirant, pour ne pas dire sinistre, aspect occulté de façon très romanesque au XIXe siècle sous la figure du compte Dracula, autre héros, à sa façon, de notre époque.

Un « initié hongrois » excentrique

Les renvois à la sombre personnalité de Vlad V dit l’Empaleur et aux légendes sur les vampires, très populaires dans les Balkans, semblent apparemment étrangers au thème traité ici. Mais c’est pour éclairer cette question que nous jugeons bon d’introduire une autre personnage important, à certains non moins énigmatique que bon nombre de ceux déjà apparus à tel ou tel titre, dans la pages qui précèdent.

Il s’agit du célèbre orientaliste Armin Vambéry, né Vamberger en 1831 ou 1832 à Sankt-Georgen (aujourd’hui Jur) dans la région de Pressburg (aujourd’hui Bratislava), au sein d’une famille de juifs orthodoxes.


Selon Jean Robin [La véritable mission du comte de Saint-Germain, Editions Guy Trédaniel, Paris 1986]

Chapitre IV – D’autres viendront qui reprendront le flambeau

II y a là plus de clefs qu’il ne nous en faut pour décrypter l’histoire occulte de certaine « tradition initiatique » à laquelle semble bien se rattacher le comte de Saint-Germain, comme nous l’allions voir. Car l’empereur Sigismond dont il vient d’être question n’est autre que Sigismond de Luxembourg, roi de Hongrie en 1387 et empereur d’Allemagne de 1411 à 1437. Il fonda en 1418 l’Ordre du Dragon renversé, qui avait officiellement pour mission de défendre la Chrétienté contre les Turcs. C’est à cet Ordre qu’appartint Vlad IV de Valachie, monté sur le trône en 1455, et que l’on appela pour cette raison le fils du Dragon : Dracula… Car cet inquiétant personnage n’avait pas été inventé en 1897 par le journaliste et écrivain irlandais Bram Stoker — membre de la Golden Dawn. C’est Arminius Vamberry, professeur à l’université de Budapest, qui fournit à Stoker — rencontré à Londres — certaines précisions historiques dont ce dernier avait besoin pour esquisser le cadre de son récit. Quant à la réalité « occulte » de Dracula, Stoker bénéficiait pour la cerner de sources d’information moins universitaires. 

L’Ordre du Dragon, sous ses apparences « chevaleresques » et catholiques, dispensait en effet ce que nous sommes bien contraint d’appeler, faute de terme plus approprié, une « initiation vampirique ». Ce qui a au moins le mérite de la clarté. Le Dragon n’est-il pas le gardien du sang éternel, du fluide vital ? Dans la saga nordique en particulier, Siegfried tue le Dragon pour s’approprier, avec son sang, des pouvoirs nouveaux, et même l’immortalité. Le récit symbolique cité plus haut — et qui offre certaines similitudes avec les voyages de Christian Rosenkreutz — atteste que l’Ordre véhiculait des mystères d’origine égyptienne (et selon toute vraisemblance « séthiens »). L’auteur de la Magie sacrée d’Abramelin, après avoir été rattaché à cette tradition, avait lui-même initié (quoique partiellement) l’empereur Sigismond ; et ce dernier avait fondé l’Ordre du Dragon, dont le rituel était précisément basé sur la magie d’Abramelin. Or, quatre siècles plus tard, on retrouvait ce même rituel d’Abramelin au sein de la Golden Dawn, à laquelle appartenait Bram Stoker, l’auteur de Dracula ! Oui, décidément, tout s’éclairait. Et l’on voit qu’il s’agissait en l’occurrence de bien autre chose que d’une œuvre d’imagination, même si Bram Stoker, pour éviter les foudres de l’Angleterre victorienne, avait « moralisé » la fin de son roman, en faisant mourir Dracula. En fait il s’agissait, là encore, de détourner les soupçons. Doit-on en conclure que les vampires personalities qu’il affirme avoir rencontrées à Londres n’étaient autres que ses frères en initiation ?

On objectera que les seules informations que Stoker reconnaisse avoir reçues lui venaient de son « ami Arminius » (Arminius Vamberry), dont l’apport, manifestement, avait compté pour lui. Il est bien évident pourtant que Stoker n’allait tout de même pas livrer au public les secrets de la Golden Dawn ; et Vamberry représentait en l’occurrence une caution universitaire, une « couverture », en quelque sorte, destinée à rassurer et à égarer les lecteurs trop curieux. Mais même ce dernier point mériterait d’être quelque peu approfondi ; car dans le livre de Stoker, les épisodes « non légendaires » de la vie de Dracula sont à peine mentionnés. On peut donc légitimement se poser la question suivante : N’est-ce pas plutôt de tout autre chose que de l’histoire officielle de Dracula, qu’Arminius Vamberry entretint Stoker à Londres ? Car l’« ami Arminius » était le contraire d’un rat de bibliothèque. Grand voyageur, homme de terrain, il avait sillonné l’Asie centrale, et certains n’avaient pas hésité à le comparer au comte de Gobineau. Faut-il penser alors que Vamberry appartenait lui aussi à une société secrète et qu’il était chargé de faire le lien entre la Golden Dawn et les centres historiques du « vampirisme » en Europe orientale, où la tradition était encore vivante ? 

Quoi qu’il en soit, Stoker, dans son roman, insiste sur l’identité entre « son » Dracula et le prince Vlad de Valachie, qui selon lui a franchi les siècles intact, dans le secret d’une tombe que personne en fait n’a découverte. Et quiconque, après avoir lu Dracula, s’est reporté à une carte de Roumanie, n’a pas manqué d’être frappé par la précision extrême avec laquelle les lieux et les itinéraires ont été décrits. On se trouve alors confronté à cette apparente contradiction : Stoker, d’une part, a superbement négligé ce que les historiens disent de son héros ; et d’autre part, il a décrit avec un soin minutieux les lieux qu’a fréquentés le prince des vampires. Comme il est évidemment exclu que Stoker ait voulu accréditer l’hypothèse fantastique de la survie pure et simple de Dracula, faut-il penser que, sous le voile de la fiction romanesque, il a eu dessein d’évoquer certaines résurgences contemporaines de la tradition véhiculée par l’Ordre du Dragon ? Aussi audacieuse que puisse paraître de prime abord cette hypothèse — à laquelle nous prépare néanmoins la réapparition du rituel d’Abramelin — nous devons dire qu’elle est confirmée par un témoignage de poids dont nous aurons à reparler bientôt.

Mais auparavant, il nous faut évoquer un autre personnage de roman, prétendument imaginé, lui aussi, par Sheridan Le Fanu. Nous voulons parler bien sûr de Carmilla, ou Mircalla de Karnstein, qui sème la désolation et la mort, dans les châteaux dont sa beauté et son pouvoir de séduction lui ont ouvert les portes, dans le cadre aristocratique de l’Autriche du xixe siècle.

Or, il se trouve là encore que tous ceux qui ont connu Sheridan Le Fanu affirment qu’il a travaillé sur des documents authentiques. Le lien entre Dracula et Carmilla est d’autant plus évident que cette dernière n’est autre que… Barbara de Cilly, la jeune fille que l’empereur Sigismond aimait passionnément, et qu’il demanda à l’auteur du Livre d’Abramelin de ressusciter. Née en 1377 en Slovénie, une « région à vampires », l’égérie de l’Ordre du Dragon mourut en 1451 à Graz, en Haute-Styrie, précisément là où, comme par hasard, Le Fanu situe l’action de son roman.

Mais voilà qui est plus extraordinaire encore : si Barbara de Cilly mourut à Graz, elle fut inhumée dans une chapelle du château des Herdôdy à Varazdin, dans l’actuelle Yougoslavie, à la limite des Carpates. Or, c’est à Varazdin que se manifestèrent en 1936 des phénomènes « vampiriques » dont un membre de la Société Théosophique, qui passait là ses vacances, informa Robert Ambelain. (Cf. le Vampirisme, éd. Robert Laffont.) Et, précision stupéfiante, ce témoin ajoutait : « Les vieux des générations précédentes attribuaient ces attaques à un cadavre enterré au château des Herdôdy, à Varazdin. Mais leurs traditions sont muettes sur son nom, son lieu exact de sépulture, l’époque de sa mort. » C’est bien pourquoi, dans le roman de Sheridan Le Fanu, la tombe de Mircalla de Karnstein, alias Barbara de Cilly, est elle aussi introuvable ! On le voit : aussi bien Carmilla que Dracula étaient autre chose que des personnages de fiction.

Surtout si l’on en croit Jean-Paul Bourre, qu’une enquête sur^ le vampirisme mena à Venise, là même où avait été traduit le Livre d’Abramelin le Mage. Il y rencontra le grand maître d’une organisation transmettant une initiation, basée comme il se doit sur le rituel communiqué par ce même Abramelin.

L’aristocrate vénitien Renato D. fit à J.-P. Bourre (le Culte du vampire, éd. Alain Lefeuvre) ces intéressantes confidences, après lui avoir montré une photographie représentant un château en ruine dressé sur un éperon rocheux : « Vous avez sous les yeux les restes du château de Dracula. Cette photo a été prise en Transylvanie, il y a à peine deux ans. Rien n’a changé depuis. Ce lieu conserve l’orgueil de son créateur […]. Il n’a jamais appartenu à l’imagination de Bram Stoker. D’ailleurs, Stoker, en tant qu’adepte du vampirisme, connaissait son existence. Pour les traditions occultes, ce château a un nom : on l’appelle la Montagne du plus lointain Minuit. C’est dans ce lieu, dit la prophétie, que Lucifer doit paraître et réunir ses disciples à la fin des temps… et ce temps du rassemblement ne saurait tarder. Souvenez-vous de la parole du prophète Isaïe : « Comment es-tu tombé des cieux, Lucifer, Astre du matin, fils de l’Aurore ? Toi qui disais en ton cœur : j’escaladerai les cieux ! Par-dessus les étoiles de Dieu, j’érigerai mon trône ; je siégerai sur la Montagne de l’Assemblée au plus lointain Minuit »… »

Toujours selon l’aristocrate vénitien, cette Montagne du plus lointain Minuit sur laquelle doit revenir Lucifer, porte un autre nom que celui que lui donna la Bible : il s’agit de la montagne de Curtea de Arges, en Roumanie. Au-dessus du village d’Arefu, entouré, comme par un écrin, des neiges des monts Fagaras, se dresse le nid d’aigle de Dracula, presque entièrement recouvert par la végétation. Les paysans de la région se signent en parlant du castel maudit, que hante encore le maître des lieux. Seuls, dans la nuit de la Saint-Georges, les « seigneurs noirs » se réunissent dans les ruines désolées, déchirées par les ronces.

On trouvera peut-être que cette longue digression, d’un romantisme quelque peu frelaté, nous a dangereusement éloigné de notre comte de Saint-Germain. Nous sommes là au contraire au cœur du sujet, et cet apparent détour était en fait indispensable pour nous familiariser avec un Saint-Germain totalement inédit… C’est qu’un autre château, en Transylvanie, reçut lui aussi en plein xxe siècle la visite d’un personnage « mythique ». À en croire les Théosophistes, ce n’était autre que notre comte, connu sous sa nouvelle identité de « Maître R ». Il faut dire que le château en question était tout simplement la demeure des princes Rakôczi. En 1927, Mrs Besant, qui succéda à Mme Blavatsky à la tête de la Société Théosophique, y séjourna quelque temps en compagnie du « Maître R », et des initiations eurent lieu. Avaient-elles quelque rapport avec l’illumination que viennent chercher à Curtea de Arges les adeptes du vampirisme ? Il n’est pas interdit de le penser — aussi déroutant, voire choquant, que cela puisse paraître de prime abord — tant le cas du comte (et quelle que soit la réalité de son identification avec le « Maître R ») offrait de similitudes avec les thèmes évoqués plus haut. Voilà pourquoi, selon toute vraisemblance, Saint-Germain Germain ne revendiquait la filiation — initiatique et non charnelle — des Rakôczi qu’auprès de certains de ses interlocuteurs. Nous rappellerons pour faire bonne mesure que les Rakôczi étaient apparentés à cette famille Bathory à laquelle, on le sait, appartenait la célèbre Elizabeth, la Blutgräffin, la « Comtesse sanglante », et que de surcroît le château de Curtea de Arges, le fief de Dracula, passa aux Bathory du temps de cette redoutable Elizabeth. Le même dragon ne figurait-il pas sur leurs armoiries ?… (Ajoutons, à titre purement anecdotique, que l’un des deux manuscrits qui ont été attribués au comte de Saint-Germain [l’autre étant la Très Sainte Trinosophie], s’intitule : La Magie Sainte révélée à Moyse, retrouvée dans un monument égyptien, et précieusement conservée en Asie sous la devise d’un DRAGON AILÉ. Il s’agit d’un rituel magique « pour opérer trois merveilles : 1) trouver les choses perdues dans les mers depuis le bouleversement du globe ; 2) découvrir les mines de diamants, d’or et d’argent, dans le sein de la terre ; 3) prolonger la vie au-delà d’un siècle avec la force et la santé. »)

Nous avons déjà souligné, d’un autre côté, l’analogie entre les thèmes vampiriques auxquels nous faisions allusion à l’instant, et la légende de fondation de la Rose-Croix. Certains n’ont-ils pas dit que Saint-Germain et Rosenkreutz n’étaient qu’une seule et même personne ? Nous allons voir que cette hypothèse d’apparence fantastique (et qu’il convient de « traduire ») est en fait étayée par de bien singuliers indices.

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